Résumé des recherches scientifiques sur la méditation



La méditation permet de se détendre, relâcher les tensions et développer un état d'esprit ouvert et positif. Le concept de méditation est extrêmement large et recouvre de très nombreuses pratiques largement expliquées dans les textes philosophiques.

Parallèlement à ces écrits, la recherche occidentale s'intéresse de plus en plus aux effets de la méditation (de 1990 à 2000, 311 études ont été menées contre 1483 entre 2000 et 2011 (1)). Ces données sont particulièrement intéressantes du fait qu'elles sont obtenues en se basant les critères scientifiques communément admis, tels que le détachement entre celui qui fait l'expérience et le phénomène étudié, la reproductibilité de l'expérience, la définition de protocoles clairs, des résultats soumis aux analyses stastiques... Les conclusions de ces études étant peu connues, je vous propose un bref résumé d'un article de synthèse paru en 2011 (2).

Les exercices de méditation utilisés dans les études sont relativement simples. Ils consistent à observer les événements intérieurs (émotions et pensées), sans porter de jugement de valeur et en restant autant détaché que possible. Les conséquences psychologiques ont été mesurées directement après la méditation, les participants étant invités à décrire leur état d'être par des échelles de valeurs.

De nombreuses équipes ont montré des effets de la médiation sur les émotions. Par exemple, il a été observé que la pratique de la méditation accélère le changement d'un état émotif déplaisant à un état plaisant (3). Ceci serait dû au fait que, grâce à la pratique, les individus se focalisent, observent et cessent de ressasser les expériences négatives et perturbatrices.


La méditation aide à passer d'une émotion négative à une émotion positive

Toujours sur les émotions, d'autres études ont donné des résultats extrêmement intéressants sur l'impact de la méditation dans l'apparition des émotions. Dans une des études les participants devaient regarder des images neutres ou négatives.

Les sujets ayant pratiqué la méditation présentaient beaucoup plus d'émotions positives à la vue d'images neutres, que le groupe témoin, et aussi gardaient un plus grand contrôle de leurs émotions lors de la présentation d'images négatives (4). Ainsi la méditation augmente la stabilité émotive et fortifie la volonté de rester dans un état calme, positif. Ces effets positifs ont été également mis en évidence chez des individus dépendants à la cigarette (5). La méditation entraînant une diminution du stress dû au manque de cigarette conduisant à réduction la consommation durant les 7 jours suivant la pratique.

La mémoire est également influencée par la pratique méditative. La construction de souvenirs autobiographiques diminue (lesquels sont impliqués dans la dépression et le suicide) (6), et la pratique de la méditation, même courte, réduit la mémoire des évènements négatifs.


La pratique apporte une vision plus détachée et objective

Différents mécanismes ont été proposés pour expliquer les bienfaits de la méditation. La pratique du détachement entraîne un développement de la capacité à ne pas s'identifier aux pensées et émotions et de les percevoir comme des évènements transitoires plutôt que des représentations exactes de la réalité (7). Cet état diminuant l'habitude de soucis et clarifie les pensées. La méditation augmente également la faculté de concentration, puisqu'elle développe l'usage de la volonté pour vivre le moment présent, pour choisir les pensées et les rapporter sur le moment présent. Les expériences montrent ainsi un développement des capacités à se concentrer sur certains stimuli et à choisir les tâches mentales. A long terme, la pratique de la médiation entraîne une clarification de l'esprit et les personnes adoptent des comportements qui ont plus de valeur et d'intérêt (8).

En conclusion, la méditation permet de se libérer de la négativité accumulée sous forme d'émotions, de souvenirs et ainsi de redevenir positif...

 

(1) Données collectées sur Pubmed : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed
(2) Keng, S.L., Smoski, M.J., Robins, C.J. (2011). Effects of mindfulness on psychological health : a review of empirical studies. Clinical Psychology Review, 31(6), 1041-56.
(3) Broderick, P. C. (2005). Mindfulness and coping with dysphoric mood: Contrasts with rumination and distraction. Cognitive Therapy and Research, 29, 501–510.
Singer, A. R., & Dobson, K. S. (2007). An experimental investigation of the cognitive vulnerability to depression. Behaviour Research and Therapy, 45, 563–575.
Huffziger, S., & Kuehner, C. (2009). Rumination, distraction, and mindful self-focus in depressed patients. Behaviour Research and Therapy, 47, 224–230.
(4) Arch, J. J., & Craske, M. G. (2006). Mechanisms of mindfulness: Emotion regulation following a focused breathing induction. Behaviour Research and Therapy, 44, 1849–1858.
Erisman, S. M., & Roemer, L. (2010). A preliminary investigation of the effects of experimentally induced mindfulness on emotional responding to film clips. Emotion, 10, 72–82.
(5) Bowen, S., & Marlatt, A. (2009). Surfing the urge: Brief mindfulness-based intervention for college student smokers. Psychology of Addictive Behavior, 23, 666–671.
(7) Williams, J. M. G., Teasdale, J. D., Segal, Z. V., & Soulsby, J. (2000). Mindfulness-based cognitive therapy reduces overgeneral autobiographical memory in formerly depressed patients. Journal of Abnormal Psychology, 109, 150–155.
(6) Shapiro, S. L., Carlson, L. E., Astin, J. A., & Freedman, B. (2006). Mechanisms of mindfulness. Journal of Clinical Psychology, 62, 373–386.
(8) Brown, K. W., & Ryan, R. M. (2003). The benefits of being present: Mindfulness and its role in psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 84, 822–848.